Eaux souterraines et forages

Les eaux souterraines et les forages

 
 

Forages, captages et puits sont soumis à une réglementation et doivent être habituellement déclarés.

Le Morbihan est pourvu de ressources en eau abondantes mais d’intérêt local, convenant à des consommations limitées, comme l’alimentation en eau de petites collectivités, des industries, des élevages, éventuellement l’irrigation de faibles surfaces.

Une ressource limitée par la géologie

Sur un socle géologique de schistes et de granites, le Morbihan possède des eaux souterraines contenues dans les altérations de surface (sableuses) et dans des réseaux de failles localisés, indépendants entre eux. Sauf exception, ces capacités aquifères dispersées ne peuvent satisfaire que des besoins limités, insuffisants par exemple pour une grande collectivité. C’est pourquoi l’alimentation en eau ne recourt à l’eau souterraine que pour 15 % des besoins, avec 67 prises d’eau, tandis qu’elle prélève 85 % de la consommation dans les cours d’eau et les retenues. Les disponibilités en eau souterraine peuvent satisfaire de petites collectivités rurales, des élevages, principalement bovins, des activités artisanales et même industrielles, quelques irrigations limitées, ou encore des usages publics spécifiques tels que l’arrosage d’espaces verts. 

Une ressource de grand intérêt

Les eaux souterraines alimentent les cours d’eau. La fraction des eaux de pluie ayant échappé à l’évapotranspiration des sols et de la végétation s’infiltre en profondeur. L’écoulement souterrain soutient les débits des cours d’eau en période de basses eaux, quand la presque totalité de la pluie est évapotranspirée, durant l’été en particulier. En secteur schisteux, prédominant sur le bassin versant de l’Oust au nord-ouest du Morbihan, ce soutien est faible et les étiages, les plus basses eaux, sont très faibles ; ils sont parfois nuls, notamment dans les rus. En secteur granitique ou métamorphisé, dominant à l’ouest et au sud du Morbihan, les apports souterrains sont plus conséquent ; les étiages sont moins sévères dans le Scorff ou l’Ellé par exemple.
L’utilisation des eaux souterraines par un forage diminue le débit des eaux de surface, mais de façon minime car l’aire d’alimentation de l’ouvrage souterrain reste limitée. Même la multiplication des forages, quelques milliers dans le département, ne conduit qu’à une influence très réduite dans le contexte géologique morbihannais, car le pourcentage de bassin versant influencé demeure petit. Aussi reste-il hautement préférable de puiser dans l’eau souterraine plutôt que de pomper l’eau de surface, où l’étiage est souvent une période critique pour l’état écologique des cours d’eau.

Une ressource réglementée

La réglementation des forages et des prélèvements d’eau a été modifiée fin 2003 par des textes nationaux légèrement revus depuis. Elle veille à la bonne implantation des ouvrages, à leur bonne réalisation, à la protection vis à vis des pollutions et à leur utilisation durable. Les forages et puits destinés à des usages domestiques ou assimilés (moins de 1000 m3 d’eau par an), doivent être déclarés en mairie. Les forages plus importants doivent être déclarés à la DDAF ou à l’inspection des installations classées pour les installations qui en relèvent, en présentant un document d’incidence sur le milieu ; leurs prélèvements peuvent être eux aussi soumis à déclaration, voire à autorisation, selon l’importance des volumes prélevés et leur situation géographique.